Dans les années 90, les plus audacieux parlaient d’un Internet sans frontières où s’échangeraient toutes les informations et où s’épanouiraient toutes les libertés, stimulant l’intelligence collective.
Dans les années 2010, avec le printemps arabe, beaucoup ont célébré les réseaux sociaux qui favorisaient les révoltes démocratiques et répandaient la vérité malgré la censure des régimes autoritaires. Vers 2016, retournement : il ne fut soudain plus question que d’interférences numériques dans les élections, de complotistes ou obscurantistes, de trolls et de
faux comptes, de postvérité et de fake news, de manipulations internationales, d’extrémisme et de haine contagieuse (voir notre glossaire en ligne).
Il est désormais difficile de trouver un média « classique » qui ne s’inquiète des lynchages 2.0, du refus de la science, de l’infodémie numérique, des discours violents, des « phobies », de la méfiance envers les élites, de la dégradation du débat
et des délires numériques. Ou a minima qui ne consacre une rubrique ou une émission à la vérification.

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