La gouvernance de l’alimentation dans l’agglomération de Rabat-Salé est sujette à de
profondes contradictions entre acteurs aux intérêts divergents et entre référentiels
d’action publique opposés. Il existe ainsi une tension croissante entre une logique de
« modernisation » et une logique de prévention de la déstabilisation sociale et politique
qui pourrait en résulter. On note également une tension entre la volonté étatique de
maintenir sa régulation du secteur et la volonté des acteurs municipaux de le contrôler
afin d’améliorer les recettes communales. La timide montée en puissance des acteurs
urbains au sein de la gouvernance alimentaire est susceptible d’accentuer la
fragmentation du système alimentaire urbain (ou métropolitain), avec une séparation
de plus en plus nette entre des circuits sécurisés destinés aux catégories aisées, qui
répondent en partie à une logique de promotion d’une ville globale à l’image attractive,
et des circuits informels destinés aux couches populaires, tout aussi globalisés et
armés pour s’adapter aux circuits modernes.

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