Ce phénomène est dû, en partie, à plusieurs facteurs externes. Un certain nombre de médias chinois ont profité de cette courte «fenêtre d’opportunité» pour produire et publier des enquêtes largement partagées, avec le consentement tacite des autorités. Les
autorités chinoises utilisent ces «fenêtres», au cours desquelles ils relâchent leur contrôle sur les médias, pour surveiller de près l’opinion publique afin d’ajuster leurs tactiques de propagande. Les manifestations en faveur de la démocratie ayant eu lieu à Hong
Kong l’année dernière concernaient la politique, l’un des sujets les plus sensibles en Chine. Au contraire, le COVID-19 affecte tout le monde, quel que soit le système politique.
Mais ce sont surtout les efforts remarquables de certains journalistes qui ont impulsé ce bouillonnement de reportages et d’investigations en Chine. Les journalistes locaux travaillent dur pour produire des articles étayés par des preuves solides, tout en contournant la censure. Certains articles ont été supprimés d’Internet quelques heures après leur publication. Mais après des années à naviguer au sein de la censure officielle, les lecteurs chinois savent facilement comment repérer les contenus sensibles. Ils savent comment archiver les articles supprimés en les republiant sur d’autres plateformes telles que Notion et Evernote. Puis ils les partagent à nouveau sur les réseaux sociaux, dans une course contre la montre menée contre la censure.

You May Also Like