epuis 2015, le taux d’inflation en zone euro demeure
largement en dessous de 2 %, la cible annoncée
par la Banque centrale européenne (BCE). Et ce,
alors même que la politique monétaire est extrêmement
accommodante avec des taux d’intérêt en territoire négatif
et un programme d’achats d’actifs sans précédent
– encore augmenté depuis la crise du Covid-19. Ces instruments
de politique monétaire ont été utiles et absolument
nécessaires pour éviter la déflation mais peuvent-ils
et doivent-ils être déployés encore plus largement ? Est-il
nécessaire d’en concevoir de nouveaux ? Les instruments
actuels n’ont pas réussi à produire une inflation conforme
à la cible mais ont produit des effets collatéraux qui posent
question : l’accroissement des inégalités de patrimoine,
l’achat d’actifs d’industries polluantes afin de respecter le
principe de neutralité de marché, le traitement privilégié
des dépôts des banques à la Banque centrale (tiering), et
la dominance budgétaire due à la détention croissante de
dette publique. Cette dernière pourrait à terme mettre en
danger l’indépendance de la BCE.

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