Les phénomènes délinquants et leur traitement pénal sont des thèmes majeurs du débat
public. Longtemps limitées à la confrontation du suivi de l’activité judiciaire (crimes et délits
seulement) par les services de sécurité et de celui des décisions des juridictions, les analyses
se sont enrichies à partir de 2007 avec la réalisation d’enquêtes annuelles de victimation
apportant le point de vue de la population et des victimes. Toutes les victimes ne portent
pas plainte : seulement une victime sur dix en cas de violences physiques ou sexuelles au
sein du ménage contre neuf sur dix en cas de vol de voiture abouti.
Les efforts déployés récemment pour moderniser les dispositifs statistiques (depuis
5 ans pour la police et la gendarmerie, et 10 ans pour la justice) permettent de mieux
appréhender la transformation et l’évolution des phénomènes de délinquance ainsi que
leur suivi pénal. Par exemple, en 2019, la moitié des plaintes enregistrées pour coups et
blessures volontaires sur personne de 15 ans ou plus relèvent désormais de violences
intrafamiliales. Les mouvements de libération de la parole ou la diffusion d’instructions
aux services de sécurité visant à accroître la prise de plaintes ou à améliorer l’accueil
des victimes de violences conjugales jouent un rôle déterminant sur les évolutions des
coups et blessures volontaires enregistrés. Côté justice, le recours plus important aux
procédures rapides conduit à réduire le délai total de traitement pénal entre 2012 et 2019.
Mais l’analyse du suivi pénal des phénomènes délinquants reste perfectible en l’absence
d’un véritable continuum entre les infractions constatées par les forces de sécurité et les
décisions prononcées par la justice.
De même, l’identification précise des populations de victimes, le suivi des parcours
des auteurs d’actes délinquants et le repérage des lieux propices à certains types de
délinquance (par exemple, les transports en commun ou les communes touristiques)
permettent d’adapter les mesures de prévention et les politiques de sécurité. D’autres
questions sont devenues récurrentes, comme le positionnement de la France en matière
de sécurité, notamment au regard de ses partenaires européens, mais aussi les inégalités
des territoires face à la délinquance. Enfin, les relations entre la population et les
personnels en charge de la prévention et de la répression des actes de délinquance sont
susceptibles d’influer sur les taux de dépôt de plainte et le sentiment d’insécurité.

Sodipress vous remercie de renseigner votre email pour recevoir le document.
Envoyer le document
You May Also Like