Depuis sa fondation, la Celac, avec laquelle l’Union européenne (UE) entretient un partenariat
et une relation institutionnels officiels et continus5, a connu diverses fortunes et s’est vue
soumise aux aléas des changements politiques intervenus dans la majorité des pays latino-américains
au cours des années 2010 (fin de l’hégémonie des gauches au profit d’un retour
des droites dans de nombreux pays clés entre 2015 et 2018 – Argentine, Brésil, Équateur,
Pérou -, crise au Venezuela polarisant les coalitions d’alliances régionales, etc.). Ces
bouleversements, partiellement causés par la multiplication de crises économiques et sociales
intervenue dans l’ensemble des pays latino-américains dans le sillage de la crise financière
internationale de 2008, ont exacerbé les dynamiques politiques centrifuges nationales et les
logiques de fragmentation affinitaires dans la région. Et ce, au détriment de dynamiques
favorisant les logiques de convergences et d’intégration régionales. Ainsi, la Celac, à l’instar de
sa cousine sud-américaine (l’Union des nations sud-américaines – Unasur – créée en 2008), a
vu son développement et sa légitimité entravés depuis 20156. Et a perdu dans la foulée de sa
création les dirigeants qui en incarnaient l’ambition fondatrice et en assuraient le leadership
(Lula au Brésil et Hugo Chavez au Venezuela notamment). Après cinq éditions, la Celac ne
s’est ainsi plus réunie depuis 2017 même si El Salvador (2017-2018), la Bolivie (2019-2020) et
le Mexique (2020-2021) en ont assuré une présidence « pro-tempore ».

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